Martin Wittfooth

Portfolio

Martin Wittfooth crée des peintures allégoriques mettant en scène des animaux majestueux, campés dans des décors incontestablement détériorés par la faute des humains. Ses oeuvres, criantes d’actualité, exigent une réflexion sur les problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés.

Comment décririez-vous la relation entre votre art et l’environnement ?

L’art me sert à composer avec l’époque à laquelle je vis et à y réfléchir. Un thème qu’on ne peut feindre d’ignorer et qui par conséquent apparaît très souvent dans ma peinture, c’est celui de l’environnement et de la relation trouble que notre espèce entretient avec lui : l’éloignement de nos racines et la volonté qui en découle de dominer et de transformer le monde au gré de nos désirs. Mon travail cherche sans relâche à cerner ce problème et à explorer la condition humaine.

L’art doit-il être engagé ?

L’artiste ne doit agir que sous l’impulsion d’un profond désir. L’art peut parfois servir une fonction essentielle en introduisant tout simplement un peu plus de beauté dans le monde ; l’art est tout aussi vital lorsqu’il est grotesque, intentionnellement laid ou qu’il cherche à éclairer les coins les plus sombres de l’expérience humaine. Dès l’instant où les muses inspirent une oeuvre d’art à un artiste, celle-ci est valable et mérite d’être contemplée.

On dirait que vous vous inscrivez dans la filiation des peintres classiques ; votre technique est impressionnante et vous maniez la lumière à merveille. Parlez-nous de vos influences.

En cherchant à devenir peintre, j’ai longtemps observé l’art classique. J’ai beaucoup appris en essayant d’égaler à ma façon les anciens dans mes propres tableaux. J’ai l’impression que chaque artiste est une sorte de mosaïque composée d’influences et d’inspirations multiples. Pour ce qui est de la manipulation du médium (la peinture à l’huile), la composition de mes tableaux et une variété d’autres éléments qui donnent envie de contempler mes images, la peinture classique a été ma principale école ; pour le cadre conceptuel de mes tableaux, je m’imprègne toutefois surtout de l’état actuel du monde et de l’expérience subjective que j’y ai acquise.