Charles-Étienne Brochu

Portfolio

Illustrateur et artiste productif, Charles-Étienne Brochu cumule les réalisations d’affiches, d’identités visuelles, de couvertures de livre et d’animations, en plus de participer à de nombreux événements artistiques. Il a notamment exposé son travail à la Manif d’Art, à la Foire d’art actuel de Québec, à Arprim, à L’OEil de Poisson et à La Chambre Blanche. Titulaire d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval, l’artiste, qui vit maintenant à Québec, est originaire de Sainte-Ursule. Pour Alto, il a réalisé les couvertures de LoveStar et de Cette maison, en plus des illustrations qui ornent ce numéro d’Aparté.

Tu expérimentes beaucoup avec le numérique. Peux-tu nous parler de ta méthode de travail ? Que te permet le 3D ?

Ma méthode de création dépend beaucoup des mandats sur lesquels je travaille. Généralement je commence avec des esquisses de concept extrêmement rudimentaires que j’étoffe progressivement.

Ce qui est un peu paradoxal avec mon travail d’illustrateur, c’est qu’autant j’adore créer des images, autant je ne considère pas que je suis un dessinateur particulièrement doué techniquement. Je suis toujours admiratif des dessinateurs·trices qui sont capables, en quelques coups de crayon, d’évoquer un environnement, une expression ou un sentiment. Dans mon cas, je trouve que mes qualités les plus distinctives concernent davantage un certain sens esthétique et une bonne capacité d’apprentissage. J’ai l’impression que c’est grâce à ces qualités que mon travail évolue : plutôt que de me concentrer sur une technique particulière, j’ai une idée d’un résultat et j’essaie de m’y rendre.

L’addition de la modélisation 3D me permet notamment de travailler des esthétiques qui seraient hors de ma portée de dessinateur. Aussi, la logique de la modélisation 3D est vraiment intéressante du point de vue de la création, parce qu’il est facile d’expérimenter divers schémas de couleurs, d’éclairage et de textures à chaque étape.

Récemment, tu as fait une série de maisons découpées dans du papier. Peux-tu nous expliquer le processus de fabrication ?

Je commence en dessinant l’oeuvre à l’ordinateur, à l’aide d’une tablette graphique. À cette étape, je fais des tests de composition et de couleurs de papier. Une fois que je suis satisfait de mon dessin, je regroupe les éléments sur les différentes couches (généralement entre 7 et 10) qui seront chacune des feuilles de papier découpées à l’intérieur du cadre. Une fois que j’ai réparti tous les dessins sur leur feuille de papier respective, je découpe feuille par feuille le dessin à l’aide d’une découpeuse à papier. Puis, j’assemble précautionneusement les feuilles dans un cadre de façon à ce que le montage ne bouge plus.

Ton art est ludique et coloré, on aurait envie de passer du temps dans tes oeuvres. Quelles sont tes inspirations ?

Elles sont variées. Je fais beaucoup de recherche avant de commencer chaque nouveau contrat. J’épluche les Behance, Pinterest et Instagram de ce monde, tout en suivant plus particulièrement le travail de quelques illustrateurs·trices que j’affectionne. Sinon, quand j’ai le temps de faire des illustrations personnelles, j’essaie de faire quelque chose avec la première idée qui me passe par la tête. J’aime beaucoup dessiner, je peux facilement partir sur une idée anodine et essayer d’en faire une image intéressante.

Il y a souvent de la verdure dans tes illustrations. Quel est ton rapport à la nature ?

J’aime beaucoup la nature. Je viens d’un petit village perdu en Mauricie (Sainte-Ursule) et on allait bûcher en famille toutes les fins de semaine. L’atmosphère de la campagne a formé mon imaginaire. Je pense aussi qu’au Québec, la nature est une partie tellement intégrante de la vie que la culture en est forcément influencée. Pour moi, rien n’évoque aussi bien l’hiver que des sapins qui ploient sous la neige après une tempête, comme rien n’indique mieux le printemps que le vert vif des nouvelles feuilles d’arbres une journée de pluie où tout est gris, sauf ces points de couleur. Aussi, la nature est un super élément visuel : il manque de vert dans la composition ? une feuille ! du rouge ? une feuille ! du mauve ? une fleur !

Travailles-tu sur un projet particulier ces temps-ci ?

Je travaille sur plusieurs projets qui repoussent tous mes capacités techniques d’une manière ou d’une autre. Notamment, un vidéoclip plutôt long pour quelqu’un qui n’a aucune formation en animation, une illustration pour la programmation d’un théâtre composée de 50 (pour l’instant) couches de papier, une illustration pour une murale de 7 pieds sur 16 pieds ainsi qu’une illustration interactive pour un site Web qui sera lancé en décembre. Quelques autres projets sur lesquels j’ai travaillé cet été seront aussi lancés en septembre, comme mon premier livre pour enfants, la programmation d’une chambre de commerce et diverses illustrations pour une série télé.