La fiction tasmanienne de Robbie Arnott

Entretien avec Robbie Arnott

«J’ai été fortement influencé par l’environnement, la culture et les gens de mon coin de pays, la Tasmanie. J’ai observé attentivement le paysage et les créatures qui y vivent (humaines et animales), puis j’ai laissé galoper mon imagination.»

Robbie Arnott est né en Tasmanie en 1989. Ses textes sont parus dans plusieurs publications collectives. Il a gagné en 2015 le Tasmanian Young Writers’ Fellowship, une bourse décernée à un jeune écrivain prometteur et, en 2019, le Prix Margaret Scott. Il figure dans la sélection des meilleurs jeunes romanciers australiens établie par le Sydney Morning Herald en 2019. Flammes a été finaliste à plus d’une dizaine de prix à travers le monde littéraire anglo-saxon.

Ponctué de luxuriantes descriptions, le premier roman du Tasmanien Robbie Arnott est une écofiction ancrée sur une île empreinte de féérie et peuplée d’êtres étranges.

Dans Flammes, alors qu’une jeune femme dont les aïeules renaissent de leurs cendres entame un périple à travers la Tasmanie, un rat d’eau remonte le courant en quête de la Déesse Nuage, un pêcheur chasse le thon en équipe avec une otarie, des wombats meurent mystérieusement et un homme prend forme à partir d’une flamme.

Entretien express avec un auteur à l’humour vif et aux préoccupations écologiques flamboyantes.

 

Qu’est-ce qui vous a inspiré l’histoire et les personnages de Flammes ?

J’ai été fortement influencé par l’environnement, la culture et les gens de mon coin de pays, la Tasmanie. J’ai observé attentivement le paysage et les créatures qui y vivent (humaines et animales), puis j’ai laissé galoper mon imagination. C’était une sorte d’expérience, et je suis encore surpris de constater que ça a marché.

Dans le roman, vous explorez des voix narratives inhabituelles, celles d’animaux ou d’entités. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?

Je voulais que chaque chapitre de ce roman soit surprenant, tout en demeurant lié à l’intrigue principale. Une manière d’y parvenir a été de changer de narrateur souvent. Une fois que j’ai commencé à faire ça, j’ai réalisé que les narrateurs ne devaient pas forcément être des gens ; ils pouvaient aussi être des créatures. C’était très amusant, pour être honnête. Surtout avec le rat d’eau.

Vous abordez la question de l’équilibre entre activité humaine et monde naturel dans Flammes, mais également dans The Rain Heron, votre deuxième roman qui paraîtra chez Alto en 2022. En quoi cet enjeu vous paraît-il important ?

Le monde est en flammes, littéralement. Et c’est notre faute. Ces faits sont impossibles à ignorer, et ils s’infiltrent dans ma fiction, que je le veuille ou non. Si la destruction de toute la beauté du monde n’est pas importante, je me demande ce qui l’est. 

De quelle manière votre emploi dans une agence de publicité influence-t-il votre travail de romancier ?

La meilleure chose que j’y ai acquise est la détermination, et le développement d’une certaine armure. Dans ce domaine, personne ne se soucie des sentiments des autres, et on s’attend à ce que les gens travaillent de longues heures pour une idée qui finira par être déchirée en mille miettes. Ça m’a bien préparé aux aspects les plus difficiles de l’écriture romanesque.

Quel livre a eu un grand impact sur vous récemment ?

J’ai trouvé que La saison des ouragans de Fernanda Melchor était un livre sensationnel. Son talent m’a soufflé.

Que pourriez-vous nous dire sur vous qui ne figure pas dans votre bio ?

J’ai déjà posé nu dans le cratère d’un volcan japonais pour un photographe français que j’avais rencontré le jour même. C’était un moment étrange.