Sur Variations endogènes

Par Perrine Leblanc

Karoline Georges est une amie. Lire le livre d’un ami et évoluer sur le fil de fer à quelques mètres du sol, c’est presque la même chose : un exercice périlleux. On voudrait aimer le livre, mais on n’aime pas toujours.

J’étais à Paris, dans un appartement du 9e, derrière une porte verte. J’avais apporté le recueil de Karoline en voyage. J’avais peur de le lire, de ne pas aimer ; une peur absolument ridicule. J’ai commencé une nouvelle, comme ça, juste pour voir. « Juste pour voir… » J’ai tout vu et tout lu en deux soirées. On ne dévore pas Variations endogènes. On ne le traverse pas non plus comme si on était fildefériste. On admire la manière, la densité impeccable et l’écriture fine et précise, celle d’une auteure qui a l’oreille absolue. Le ton est juste, c’est rare et précieux. Karoline a un univers et une démarche uniques. Elle ne ressemble à personne. Elle n’écrit pas comme les autres. Elle est d’une intelligence remarquable, et cette intelligence explose dans les textes forts qui composent Variations endogènes. Je retrouve chez Karoline ce que j’admire chez les grands : la rigueur, l’absence de pathos, la maîtrise de la langue et l’intuition, celle du monde à venir.