Sur LoveStar

Par Thomas Dupont-Buist (Librairie Gallimard)

Dans un monde où il est devenu répugnant d’enterrer ses morts, exubérant de choisir avec qui partager sa vie et saugrenu d’imaginer l’intimité, la multitude se noie dans le bonheur que LoveStar lui a taillé sur mesure. Pour son premier roman, c’est dans cet univers aussi fictif que plausible qu’a souhaité nous entraîner l’écrivain islandais Andri Snaer Magnason.

Avec un grand talent de conteur, domptant l’ellipse et poétisant le réel, celui-ci dévoile peu à peu le futur dystopique qu’il a élaboré. L’imagination est partout, l’esprit profondément original, aussi terrifiant que drôle. Si l’analyse sociétale frappe par sa justesse, elle ne prend jamais le pas sur le récit, le tout composant une fresque haletante et brillante.

On pense à Vian, à Orwell et à Paasilinna, et le mélange est particulièrement réjouissant. Il y a fort à parier que Magnason publiera, dans les prochaines années, une œuvre digne de mémoire.